Le Figaroscope, avril 1999


I
l y a des artistes comme ça qui n'arrivent pas à choisir véritablement leur camp. Abstraction, figuration... Le choix cornélien qui fit revenir un Malévitch avant-gardiste vers les figures imposées. Sylvie Fajfrowska a détourné, fine guêpe, le débat par la couleur. Et peu importe où elle pose ses aplats. Si certains la préfèreront minaudant avec des poupées et des chiens, d'autres se dirigeront avec délectation vers ses toiles composées géométriquement, et là, peut-être plus que dans son autre travail, on

sentira les prémices d'une artiste à l'aube de sa grandeur. Elle sait doser cela à merveille, filer le juste coup d'accélérateur, oser les accouplements dans les complémentaires, mais arriver en définitive à des oeuvres d'un grand intérêt. Là, on voit apparaître la direction vers laquelle, d'évidence, elle dirige son art. Dans ce court mais complet accrochage, on notera une grande oeuvre au bleu rempli de rangs de bâtonnets colorés, une longue série de coulures et surtout deux pendants, silhouettes de pantalons qui laissent bien augurer de son avenir. Il y a de la maîtrise, l'art de la couleur, de la surface et beaucoup de choses encore. Tout ce qu'il faut pour être très attentif à cet oeuvre en gestation...


Alexandre Grenier

Galerie Eric Dupont
13, rue Chapon (3°)